Un Soulier de Satin…en 2025

Dans la nuit de mercredi à jeudi,nous sommes allés dans le Palais des papes pour la mise en scène de la pièce de Claudel par Eric Ruf.Retour en ce lieu et je l’avoue, souvenirs très présents du travail de Vitez en 1987. Est-ce pour cela que la magie n’a pas vraiment opéré ? Les éloges sont partout et… pourtant non.

Quelques arguments : le texte choisi, n’est pas le même… Cette fois, la version est celle dite « pour la scène », réécrite en 1943. Elle réduit tant la poésie des mots, la polysémie présente dans le texte de 1924… comme dans chacune des réécritures par Claudel. Un discours catholique fermement circonscrit… La rêverie s’absente. De temps en temps, des ajouts dus au metteur en scène, sortent le specteur du monde représenté, rappelant dans ces confins du XVIIe siècle une actualité sinistre ou la présence des portables… et le public est invité à chanter (???).

Et puis, dans le jeu, on entendait si peu parfois ce qu’est le « vers essentiel » selon l’appellation de Claudel : les mots pris dans le souffle du verset qui font le personnage, dits sur l’expiration, comme l’apprenait Madeleine Marion…

Restent la magie de la nuit, la beauté de l’aube et des saluts, l’anniversaire de Danièle Lebrun, ce grand plaisir du moment partagé et, malgré tout, la présence si forte de certains acteurs…

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